Je me permets de commencer avec l'une de mes nouvelles afin de vous encourager...
Cette nouvelle je l'ai présentée au concour Clara et j'y est donc apporté pas mal d'attention.
J'espère qu'elle vous plaira.
NOTE POUR CRAC: félicitation, fan de lecture jeunesse à ce que je vois ^^ Alors pour ta gouverne, oui, artémis est bel et bien un clin d'oeil au plus grand génie de tout les temps ^^ je suis une fan xD Ensuite, je le répète encore et encore: je ne me suis absolument pas inspiré de la quête d'Ewilan... Lisez l'histoire jusqu'au bout vous comprendrez ^^ Mais merci pour tes commentaires, j'en suis ravie ^^
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L'entre deux mondes
Un homme lit tranquillement son journal sur un banc, comme tous les après-midi en semaine. Quotidiennement, il voit cette fille rentrer chez elle, toujours seule, écoutant de la musique. Elle doit être au collège, ou au lycée; elle n'est pas très grande, habillée simplement d'un jean usé et d'un débardeur simple. Elle porte toujours un ruban autour du cou; elle a quelque chose de spécial malgré la simplicité de ses gestes et de son attitude anodine. Cette jeune fille traverse justement la rue. L'homme la regarde et lui crie quelque chose, mais elle ne l'entend pas à cause de son lecteur MP3 et de ses écouteurs dans ses oreilles. La voiture arrive vite, beaucoup trop vite, et la fille n'entend toujours rien. Il aurait voulu se précipiter vers elle, mais il est trop loin... c'est trop tard.
*
Je me réveillai dans un endroit que je ne connaissais pas. J'étais allongée à même le sol, sur un duvet de mousse, dans une forêt lumineuse, sans que je puisse pour autant voir le ciel ou le soleil. J'entendais les clapotis réguliers des gouttes d'eau qui tombaient des feuilles des arbres, comme après un jour de pluie. Pourtant, le sol n'était pas humide. Le vent faisait bruisser les végétaux des basses fougères jusqu'aux cimes invisibles des arbres.
Je me redressai avec difficulté. Il n'y avait aucun autre son que cette douce mélopée de vent et d'eau: pas d'oiseaux, pas d'animaux, rien, pas même une fourmi qui passait par là. C'était un silence surnaturel.
Mon corps était douloureux. J'avais l'impression d'être passée sous un rouleau compresseur.
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Je marchai dans cette forêt insolite, à la recherche d'aide, ou d'une sortie. Il fallait bien que je trouve un moyen de retourner chez moi, bien que personne ne m'y attendît. J'aurais dû être triste, comme d'habitude, mais j'étais dans une sorte d'état second. Je ne ressentais plus rien. Ni fatigue, ni douleur, ni faim, ni soif... Aucun sentiment, aucune sensation.
*
Soudain, après un temps indéfini à errer dans cet endroit des plus étranges, une forme apparut devant moi, silencieusement. Elle posa ce qui semblait être une main sur mon front. Et tout d'un coup, je sus, je sus que les Ombres -des sortes spectres-, me tueraient si j'en touchais une, je sus que tous ceux qui étaient dans cet endroit essayaient d'échapper désespérément à la mort. Je retrouvai aussi le souvenir flou d'une voiture me percutant.
La vision de la chose qui m'avait transmis ces informations sembla s'effacer dès qu'elle rompit le contact avec mon esprit. Je me demandai dans quel but elle m'avait transmis tant de faits essentiels à ma survie, et si seulement elle « disait » vrai. Pourquoi ferais-je confiance à cette créature? Sans compter que celle-ci ne voulait pas que l'on se souvienne d'elle, étant donné qu'elle s'était arrangée pour que je l'oublie immédiatement. Qui me disait qu'elle ne me mènerait pas à une fin certaine?
De plus, toutes ces révélations ne provoquèrent rien chez moi, jusqu'à ce que j'en aperçoive une... Une Ombre.
*
Je haletais, j'avais du mal à reprendre mon souffle. Elle s'était approchée de moi. J'avais entendu des voix qui m'appelaient; je n'avais jamais eu aussi peur de toute ma vie. Non, c'était un sentiment bien plus fort que la peur...
Elle formait une silhouette vaporeuse, d'un noir ténébreux, opaque, dense. Un visage presque humain, une odeur de mort... J'en avais encore la chair de poule.
Pourtant, un instant auparavant -si cela faisait bien un instant, j'avais perdu la notion du temps-, j'étais sûre qu'on ne pouvait rien éprouver ici. Le vent qui entonnait toujours sa lamentation me soufflait le contraire. Le contact avec cette Chose m'avait rendue mon humanité... Mais à quel prix?
Cette terreur qui m'avait envahie à cette vision.... J'avais eu l'impression de ne plus pouvoir bouger, jusqu'à ce que l'Ombre approche un de ces pseudopodes vers moi. Et là, ce fut la panique, je tombai en arrière, puis je me redressai à toute vitesse et j'avais commencé à reculer, étant trop terrifiée pour lui tourner le dos. Je n'avais même pas eu la force de crier. Puis, je me suis enfuie en courant, ne pensant à rien d'autre que de partir le plus loin d'elle.
J'avais couru jusqu'à ne plus pouvoir faire un pas. J'étais essoufflée, morte de fatigue. Je m'étais écroulée au pied d'un arbre, n'en pouvant plus. Et sans m'en rendre compte, je tombai dans un profond sommeil pour la première fois depuis que j'étais dans ce monde étrange.
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Une Ombre m'approcha alors que je dormais toujours. J'avais tout à fait conscience de sa présence, sans pourtant m'en affoler. Elle ne vint pas à moi comme avait fait l'autre, pas avec l'intention de m'entraîner vers la mort avec elle. Non, pas du tout. Et je sus, quand elle fut près de moi, que je n'avais rien à craindre. Je n'avais d'ailleurs pas la moindre idée de l'origine de cette certitude.
Puis, comme dans un rêve, je me voyais dans une chambre d'hôpital, allongée sur un lit, une machine me maintenant en vie. Un médecin parlait de moi, avec mon professeur principal. C'était bien la seule personne qui se préoccupait un petit peu de moi.
Je me demandai quand même comment je pouvais être à deux endroits à la fois...
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« Nous ne pouvons pas la garder comme ça indéfiniment! Ça fait trop longtemps qu'elle est dans le coma, sa famille ne veut rien savoir, et rien payer... J'ai horreur de faire ça, mais nous allons la débrancher. »
-Mais, enfin Docteur! Elle est jeune, elle a toute sa vie devant elle! Nous ne pouvons pas faire ça!
-Je le sais bien, mais quand elle se réveillera, si elle se réveille, il se sera peut être écoulé plusieurs années! L'hôpital ne peut pas la prendre en charge.Toutefois, je veux bien attendre une semaine de plus. Si vous réussissez à convaincre sa famille de payer les frais, alors je consentirai à la laisser.
*
Je me réveillai en sursaut, de nouveau dans ces bois... Et je vis la personne à qui je devais de ne pas avoir pu en savoir plus sur l'autre moi qui avait eu l'accident. C'était un jeune homme, de mon âge environ, qui me secouait.
« Enfin tu te réveilles! Vite, il faut filer d'ici, les Ombres approchent! »
Sans un mot, trop terrifiée par cette révélation, je l'avais suivi. Il était plus grand que moi, brun aux yeux verts, plutôt mignon, même pour moi qui ne m'intéressais pas vraiment aux garçons. Mais je chassai cette idée de ma tête pour me concentrer sur notre fuite.
*
Enfin, nous les avions semées. Je n'avais jamais senti d'Ombres aussi désireuses de nous attraper. Peut être redoutaient-elles les regroupements. Mais personne ne pouvait savoir comment elles pensaient.
Je reportai mon attention sur le jeune homme du nom d'Artémis, derrière lequel je marchais. Il m'intriguait au plus haut point. Bien qu'il y eût une certaine solidarité entre les personnes prisonnières de cet univers, j'eus l'impression que son acte n'était pas naturel. Je fus, bien entendu, heureuse d'être encore de ce monde -quoique je ne savais pas encore de quel monde je parlais-, mais j'avais désormais peur des conséquences, même si j'ignorais tout de ce qui pourrait arriver, ou même d'où me venait cette certitude que ce ne serait pas bénéfique pour moi.
Mes intuitions m'avaient beaucoup aidée depuis que je me trouvais dans cet endroit. J'avais toujours été comme ça. Je savais si ma journée allait être bonne ou mauvaise quand je me levais le matin.
Je le rattrapai en accélérant un peu le pas. Je me plaçais donc à ses côtés, entamant bêtement la conversation par des questions sans grande importance. Nous avions, bien plus tard échangés nos points de vues sur nos vies -qui n'étaient semblables qu'en très peu de points- et nos impressions sur l'endroit où nous nous trouvions.
*
Une fois, nous avions croisé un homme qui avait perdu une de ses jambes. Lui aussi se souvenait vaguement d'un accident. Lui aussi fuyait les Ombres. Moi qui croyais que mon imagination me jouait des tours...
Il avait, certes, beaucoup de mal pour se déplacer, mais sa forte volonté compensait cette faiblesse physique. La dernière fois que j'avais vu des Ombres, j'avais eu un mal fou à les esquiver, tandis qu'elles ne s'approchaient presque pas de lui. C'était donc ça, la volonté dont Artémis m'avait parlée. Une volonté de vivre...
L'unijambiste s'était évaporé aussi soudainement que s'il avait été touché par les Spectres, mais ce n'était pas le cas. Il avait été englobé d'une lumière blanche, rassurante, très différente de celle de ce lieu lugubre. J'entendis résonner sa voix dans la forêt, me disant qu'il reviendrait me voir... Serait-il retourné dans notre monde, celui des vivants?
Quant à moi, cette idée me déplaisait franchement. Pourquoi retournerais-je là-bas? Je préférais encore cette vie de fugitive à celle que je menais avant. Une vie de solitude, alors qu'ici il y avait plein de personnes unies par le même problème, ici le quotidien n'était pas monotone, ici, les sensations désagréables étaient peu nombreuses; ici, les Ombres donnaient du piment à la vie.
Là-bas n'était que douleur et ressentiment, une vie triste, injuste, cruelle; une vie sans intérêt, une vie où toutes les nations étaient belliqueuses et s'entre-tuaient.
Ici, c'était comme si je vivais à nouveau, une autre chance, un moyen de me construire une nouvelle vie. Il fallait juste que je trouve le moyen de combattre les Ombres et de rester ici si on me débranchait de l'appareil qui tenait mon autre moi en vie...
Peut-être était-ce juste un rêve, un désir sans espoir de se réaliser...
Tout en pensant et en marchant aux côtés de mon compagnon, je ne pouvais m'empêcher de trouver cette forêt magnifique. Mystérieuse, enchanteresse... Sombre et claire à la fois... Toute la beauté du danger et de l'incertain se ressentait dans ces bois.
*
Cela faisait pas mal de temps maintenant que je faisais équipe avec Artémis. Peu à peu, nous trouvions différentes astuces afin de pouvoir survivre dans L'Entre Deux Mondes. C'était ainsi que j'avais nommé cet endroit, car j'étais pratiquement certaine que nous étions entre la vie et la mort. Je pensais même que les Ombres venaient du royaume des défunts, ce qui aurait expliqué l'apparition de ma mère...
Quand nous nous installâmes dans un endroit tranquille, loin des Spectres, je lui fis part de tous mes doutes, de toutes les craintes que j'éprouvais et surtout, de mon récent désir de rester dans L'Entre Deux Mondes.
Il se moqua ouvertement de moi: « Tu ne peux pas te cacher ici, entre vie et mort, pour fuir tes ennuis! Tu es quelqu'un de génial, et je suis sûr que ça s'arrangera un jour. De plus, il est peu probable que ton souhait soit réalisable. Surtout avec ce médecin qui ne veut pas te garder gratuitement. D'ailleurs, je voudrais que tu me fasses une promesse: nous allons nous battre tous les deux pour sortir de là. Jure le moi! »
Dès que j'eus promis, nous levâmes le camp. Cette forêt me semblait bien morne tout d'un coup...
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Je pense maintenant pouvoir dire qu'elle a été la pire expérience que j'ai vécue dans L'Entre Deux Mondes... Ça avait été un pur massacre.
Tout a commencé lorsque nous avons découvert un groupe de réfugiés qui s'étaient rassemblés afin de faciliter leur lutte contre les spectres. Ils montaient la garde à plusieurs la nuit, guettant le danger.
Nous nous sommes joints à eux quelques jours, sans nous douter de ce qui allait arriver.
La forêt était plus calme que d'habitude. Le calme avant la tempête. J'avais décidé d'ignorer ce changement, malgré le fait que le mélancolique chant du vent avait arrêté sa perpétuelle plainte.
Pour passer le temps, j'avais exposé à Artémis mes nouvelles théories. Pour moi, le vent serait la voix des Ombres... Et cette fois, il ne s'était pas moqué pas de moi; il avait pris un air très sérieux pour me répondre qu'il y avait déjà pensé. Il avait en effet remarqué que d'énormes bourrasques se déclenchaient quand Elles étaient dans les parages.
Je m'étais sentie frissonner. Mon ami était là depuis plus longtemps que moi, et il avait vu des choses horribles, telles qu'un groupe entier de Spectres fondre sur une de leurs malheureuses victimes, lui arrachant un dernier cri d'agonie. De même, quand il était arrivé dans ce monde, il y avait eu un grand nombre d'entre eux à sa poursuite, ce qui laissait penser qu'il avait frôlé la mort de peu, et il craignait de voir l'état dans lequel se trouverait son corps quand il reviendrait à lui.
Je lui avais souri, pour le sortir de ses sombres pensées.
*
Le vent avait recommencé à agiter les lointaines cimes des arbres et un mauvais pressentiment m'avait envahie, comme de nombreuses fois auparavant. En pire. Mes poumons avaient semblé ne plus pouvoir fonctionner, me privant de cet oxygène si précieux.
Je l'avais senti, les Ombres allaient arriver d'un instant à l'autre, et je n'avais même pas pu prévenir mon ami, la peur me coupant de tout moyen de communication. Alors, je lui avais saisi tant bien que mal le poignet et l'entraînai à ma suite.
Nous nous étions ainsi éloignés des gens qui se faisaient happer un par un. Les Spectres s'étaient dirigés vers la masse de peuple et nous nous étions sortis d'affaire. Grâce à moi. Et pourtant, je me dégoûtais. Maintenant que nous nous tenions loin de l'endroit où ils avaient été envoyés à la mort, je me dégoûtais vraiment. J'avais abandonné toutes ces personnes à une fin certaine, en me sauvant moi, et rien que moi.
Une main se posa sur mon épaule, alors que je m'étais assise à même le sol, le front sur mes genoux, mes jambes rabattues contre mon corps.
Non, je l'avais emmené avec moi, je n'avais pas fait preuve d'égoïsme. J'avais juste fait au mieux.
En me relevant, je me demandai si Artémis savait à quel débat intérieur je m'étais adonné. Certainement. Il commençait à me connaître mieux que je me connaissais moi-même. Il me sourit, comme je l'avais fait quelques temps auparavant, pour me sortir de mes sombres pensées.
*
Ces derniers temps, nous étions assez tranquilles. Il faut croire que les Ombres avaient eu leur dose de proies pour un moment. Qui sait comment pensent les Spectres?
Maintenant, Artémis et moi étions vraiment proches, mais je n'avais aucun outil de comparaison, étant donné qu'il était mon seul et premier ami. Et pourtant, nous étions si différents!
En effet, malgré ma promesse, je ne souhaitais pas retrouver mon ancienne vie; même si celle-ci ne me convenait pas non plus. Il y avait, hélas, peu d'échappatoires: changer de vie en revenant à moi -en supposant que les médecins me garderaient le temps qu'il faudrait en vie-, ou bien mourir...
Et mon ami, lui, désirait vivre à tout prix, retourner à son ancienne vie, reprendre ses études, retrouver sa famille... Il voulait que nous nous retrouvions, une fois ma vie changée et me faire découvrir que la vie avait de bons côtés, des instants de bonheur. Mais je n'étais pas tellement convaincue.
Il faisait preuve d'un enthousiasme débordant. J'étais résolue à ne pas retrouver ma vie d'avant et convaincue que je ne pourrais pas vraiment le retrouver en me réveillant; pourtant, la joie de vivre de mon compagnon me réchauffait le coeur.
*
Une fois de plus, nous nous trouvâmes face aux Ombres. Confrontés une fois de plus à ces créatures de l'au-delà, nous ne nous doutions pas que nous n'allions pas nous en sortir aussi aisément que précédemment.
Je ne compris pas ma réaction au début. Cela s'était passé si vite, que je n'eus pas le temps de réfléchir. Les Ombres s'étaient avancées vers nous, lentement, sans se presser, comme si elles étaient certaines de leur future victoire. Si elles avaient été humaines, je suis certaine que nous aurions pu apercevoir des sourires malsains derrière le rideau de brouillard noir qui les cachait. Nous nous enfuîmes vainement.
Très vite, nous nous étions retrouvés encerclés par ces Spectres. Et l'un d'entre eux fonçait sur Artémis, qui justement commençait à être auréolé d'une lumière blanche. Lui qui désirait tant retourner chez lui, était à deux doigts de réussir!
Et c'est à ce moment précis que je me suis interposée entre lui et la mort, provoquant la mienne par la même occasion. Je lui avais souri tandis que nos silhouettes respectives partaient chacune dans une direction différente. Je sus alors que mon mauvais pressentiment quand je l'avais rencontré était totalement erroné. Il était la plus belle chose qui me fût jamais arrivée. Je ne savais pas si c'était réciproque, car je ne vis l'expression que son visage affichait. Je ne pouvais qu'espérer qu'il serait heureux et qu'au fond, mon seul et unique ami ne m'oublierait pas... Oui, ce fut mon dernier souhait, que je reste pour toujours au fond de son coeur.
*
Cela faisait plusieurs mois que ce jeune homme de première était sorti de l'hôpital. Il avait rattrapé tous ses cours, sans trop de difficulté. Il était assez bon élève, donc cela ne lui avait pas posé trop de problèmes.
Son accident avait été grave. Il était resté bien longtemps entre la vie et la mort à l'hôpital, et avait failli ne plus pouvoir marcher. Il avait eu beaucoup de chance.
Il avait été étrangement perturbé quand il avait appris le décès de la fille de la chambre voisine à la sienne, qu'on avait débranchée, car personne voulait prendre en charge les frais. Il avait l'étrange impression de l'avoir connue, à une époque lointaine, dans une autre vie. Il ne savait pas pourquoi il s'était mis dans un état pareil, pourquoi ce malaise l'avait envahi.
C'est peut-être pour cette raison qu'il s'était rendu à son enterrement, malgré les protestations des médecins. Heureusement, il récupérait vite, et pouvait déjà se déplacer de lui même.
Quand le cercueil de la jeune fille avait été mis en terre, il n'y avait pratiquement personne dans le cimetière. D'habitude, il y avait plein de gens qui venaient présenter leurs condoléances à la famille du défunt. En l'occurrence, c'était à se demander si cette adolescente avait eu une famille. Il avait eu une terrible envie de pleurer pour cette personne qui, selon son professeur principal, n'avait jamais versé une larme.
Mais là, cela avait été encore pire lorsqu'il avait lu une étrange nouvelle, un livre qui, sans qu'il sache pourquoi, l'avait attiré, alors qu'il trônait sur une étagère dans une librairie. Jamais un livre ne l'avait autant ému. Ému... Ce mot ne correspondait pas; c'était plutôt chamboulé. Oui, il ne savait plus que faire... Cette histoire, avec cette fille qui rencontre quelqu'un qui lui ressemble un peu... Dans cet Entre deux Mondes. Et ces Ombres qui les poursuivaient... A la fin, elle s'était sacrifiée pour ce garçon... Lui voulait vivre, et elle ne voulait pas retourner dans son ancien monde. Alors elle avait trouvé une alternative. Elle s'était jetée entre ces Spectres ?et lui...
Les larmes coulèrent sur ses joues, encore une fois, comme à chaque moment où il se remémorait la fin de ce livre. Un sentiment de culpabilité l'envahit aussi. Pourquoi se sentait-il à se point coupable pour une histoire fictive ?
Il aurait fait n'importe quoi pour oublier ce qu'il avait lu...
Non. En fait, pas du tout. Il s'était rendu compte que cette histoire, d'une façon ou d'une autre faisait partie de sa vie. Peut-être que cet Entre Deux Mondes existait; et dans ce cas, il s'y serai lui même trouvé un moment, ce qui expliquerait tout. Ceci n'était peut-être pas une histoire inventée de toutes pièces. Ceci n'était peut-être pas à dormir debout...
Mais au fond, il n'en savait rien.By Neko-Hime
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